L’erreur est de penser que la procrastination relève d’un manque de discipline, de motivation ou d’une mauvaise gestion du temps.
C'est faux. La procrastination peut être un mécanisme de survie.
Un mécanisme de survie enclenché
Un discours à préparer, une présentation devant des managers, un projet à terminer pour une date précise, une discussion inconfortable avec un.e collègue sont autant de situations que votre cerveau va interpréter comme une menace. Vous n’êtes pas en danger physiquement mais il ne sait pas faire la différence.
Viennent alors les options de fuite, paralysie ou combat.
Pour vous "protéger", votre cerveau active des comportements qui semblent sécurisants sur le moment : attendre la dernière minute, prendre du retard, éviter, vous critiquer.
À terme, ces réflexes vous empêchent d'atteindre les objectifs qui vous tiennent à cœur. Souvent sans que vous en ayez conscience.
Tout le monde égal face à la procrastination ?
Non.
Certaines personnes peuvent être biologiquement plus sujettes à ces schémas que d'autres.
Une étude de 2018 publiée dans la revue Psychological Science a trouvé un lien entre un volume d'amygdale plus important et une tendance à hésiter et retarder le démarrage d'actions.
Cela dépend aussi du vécu et des comportements appris lors d’expériences précédentes.
Quand la procrastination mène au bore-out
Vous reportez une tâche par peur de ne pas être à la hauteur. Puis une deuxième.
Puis une troisième.
À court terme, cela libère du temps. Vous vous sentez momentanément soulagé·e. Mais
les tâches ne disparaissent pas, elles s'accumulent en arrière-plan.
Et l'effet secondaire de cet évitement, c'est l'inaction.
Vos journées se vident progressivement de leur substance. Vous finissez par
attendre. Par ne plus rien initier. Par tourner en rond.
C'est là que le bore-out s'installe.
Quand l'inaction devient ennui chronique
Moins vous prenez le taureau par les cornes, plus vous vous ennuyez.
Moins vous avez d'énergie.
Plus votre charge mentale augmente.
Plus vous doutez de vos capacités.
Le cercle vicieux est en place :
procrastination→ inaction → ennui → perte de confiance → plus de procrastination.
Si votre réaction première face à la menace avait été le combat (recherche de
solutions, action), le bore-out n'aurait pas eu de prise pour s'installer.
Mais une fois le schéma installé, sortir de cette boucle demande un vrai travail sur
soi.
Ce qu'il faut retenir
Remettre en cause des réflexes inconscients n'est pas facile.
Mais comprendre pourquoi et quand vous vous auto-sabotez est la première étape pour les interrompre.
La procrastination n'est pas un défaut de caractère. C'est souvent un signal
d'alarme déclenché par le cerveau.
Vous vous reconnaissez? Vous sentez que la procrastination a laissé place au vide ?
* Écrivez-moi en message privé
